Un tour à « Do Disturb », au Palais de Tokyo

Vous savez combien j’aime l’art contemporain quand il est un peu bizarre et surprenant ? Et vous savez peut-être aussi combien je le surkiffe quand il est immersif, quand il vous prend par la main pour vous toucher droit au cœur (et pas au cerveau, comme l’a dit le GRAND Bill Viola). 

Vous savez aussi probablement que dans cette catégorie, le Palais de Tokyo peut proposer le meilleur. Et le festival Do Disturb en est un fabuleux exemple. À l’heure où je publie ces lignes, le festival est terminé depuis quelques jours. 

Le texte qui suit n’est pas une nouvelle à proprement parler (même s’il prend la place de la nouvelle du mois d’avril), c’est un récit, le récit de ma visite hier vendredi, agrémenté de quelques petites discussions avec des œuvres d’art, sinon ce n’est plus Bavartdages !

Paris, 21 avril 2017

Le Palais de Tokyo. Le lieu de mes deux grandes dernières déceptions artistiques : j’ai loupé Abraham Poincheval enfermé dans une pierre, et Abraham Poincheval couvant des œufs. A un jour près, à chaque fois, je m’y suis pris trop tard. C’est vous dire si je mise beaucoup sur ce troisième Do Disturb, le festival de performance. Le premier m’avait épaté, le second déçu.

« Bienvenue, sprof, sblatch ! Tu te sens prêt ? »

Les œuvres d’art du coin ne tardent pas à m’adresser la parole.

« Euh, oui, ça devrait le faire, réponds-je. Mais où es-tu ?
– Juste là, splash ! »

C’est une vidéo qui montre une baignoire dans laquelle un type… fait la cuisine.

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« Ah. Bonjour. C’est toi qui m’as parlé ?
– Oui, sprof.
– Mais, pourquoi ponctues-tu toutes tes phrases comme ça enfin ? Tu es vide !
– Maintenant oui, plof. Mais j’ai été pleine quand j’ai servi à une performance. Et désormais, je suis une trace, ploc plic, une relique de cette performance. Alors j’en garde les traits de caractère ! Sploutch !
– Et la suite ?
– C’est en bas. Prends les escaliers et descends.
– D’accord, merci !
– ATTENTION !
– Quoi ??
– Les œuvres sont déchaînées aujourd’hui, paraît-il. J’ai même entendu parler de zombies.
– Gloups ».

N’écoutant que mon courage (non, je blague), je m’engage dans les escaliers. Pas de zombies à l’horizon. Il y a un terrain de basket par contre. À l’intérieur. Au milieu du passage. Taille réelle.

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« Qu’est-ce que tu fabriques là ? lui dis-je.
– Je (aïe) te (aïe !) répondrais bien (aïe !) mais (aïe !) tant que ces (aïe !) basketteurs (aïe !) dribblent (aïe !) sur moi (aïe !) impossible de me (aïe !) concentrer ! Repasse (aïe !) plus tard !
– Euh, d’accord. Bon courage alors…
– Merci. AÏEUH ! On avait dit pas de paniers là, ça fait mal ! »

Je me faufile entre l’ours et la capsule fermée d’Abraham Poincheval, qui sont toujours là, pour descendre à ce que le Palais appelle le « Saut du loup ».

« Vous pouvez essayer tout ce que vous voulez ici ! » Je me retourne pour voir quelle oeuvre, quelle performance m’a parlé, cette fois.

Oh. Ce n’est pas une oeuvre. C’est une personne, une vraie personne. Elle m’explique ce qu’elle fait là avec d’autres vraies personnes, ils portent le projet « Nouvelle collection – Paris », une collection d’art contemporain mise en scène comme une collection de mode, composée uniquement d’oeuvres qui ont en commun d’être portables.

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« Portables ?
– Oui. Portables, comme qu’on peut porter, me fait une voix derrière moi.
– Qui parle ?
– C’est moi ».

Je me retourne. A mes pieds, un chou.

« Enchanté. Je m’appelle « Complètement les choux », je suis une oeuvre de Dounia Ismaïl.
– Et tu es portable toi ?
– Parfaitement. Je suis un masque.
– Oh.
– Demande à la dame si tu peux me porter ! »

Obéissant, je m’exécute. La dame me dit que pas de problème. Elle se saisit du chou et me l’enfile sur la tête.

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« Alors ? Ca fait quoi d’avoir la tête dans une oeuvre d’art ?
– C’est… étrange. J’ai l’impression d’avoir basculé dans un autre monde, un peu.
– Il y a de ça. Dounia, mon artiste, joue sur le basculement de moments banals à des situations poétiques. Le tout, en impliquant le spectateur dans l’action. Comme toi avec moi ! »

La dame qui m’a enfilé le masque sur la tête me prend en photo – jamais fait pareil selfie ! Et puis elle retire le chou.

« Oulà, ce fut court, dis-je au masque.
– Mais intense, n’est-ce pas. Ce n’est pas rien d’être une partie d’une oeuvre d’art.
– C’est vrai. Le retour à la réalité est étrange.
– Ha ha.
– Quoi ?
– Tu étais dans un chou, te voilà dans les choux ! HA HA HA !
– C’est qu’il est drôle en plus ! »

Ce chou m’a donné le sourire.

Si j’avais imaginé dire ça un jour !

Qu’est-ce qu’il y a d’autre à voir par ici ? Au loin, un performeur à demi nu danse autour d’une sorte de paravant noir, entre deux gants noirs géants. Soit. A côté, encore des danses, au ralenti cette fois.

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Je m’engage dans le grand escalier pour descendre jusqu’à la grande rotonde du Palais de Tokyo, où une artiste, Miet Warlop, semble décoller une peau blanche de ses jambes. Quand elle s’assied sur la table posée à côté, elle semble avoir une troisième jambe. Je n’y fais pas tellement attention : mon regard est attiré par autre chose. Là, sur le côté, dans la grande galerie du Palais, il y a des feuilles. Des grandes feuilles de bananiers. Et elles dansent des slows.

M’approchant un peu plus, je me rends compte que de part et d’autre de chaque feuille de bananier, il y a des gens, enlacés.

« Ce sont des performeurs ? demandé-je à la feuille (parce que ce serait trop simple de leur demander directement, à eux).
– Seulement l’un d’entre eux. Je suis une performance de Célia Gondol, je m’appelle « Slow ». Je peux être jouée par deux performeurs, mais ici je suis dans une configuration « bal ».
– C’est-à-dire ?
– Chaque performeur tient une feuille de bananier comme moi devant lui, et propose une courte danse à un visiteur.
– Oh ! Je veux faire ça !
– Ce n’est pas si simple. Ce n’est pas toi qui choisis, c’est une invitation spontanée. Reviens plus tard, peut-être ».

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Dommage. Je hausse les épaules et tourne les talons. J’aurais bien dansé un slow avec une feuille d’arbre.

OH.

Je fais un bond de trente centimètres. Je viens de me faire frôler par trois individus avec des têtes de pigeons. Ils sont normaux, comme vous et moi… mais ils ont des têtes de pigeons. Je crois que mon sursaut les a fait rire.

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« Eh bien ? Tu as eu peur ? me fait l’un d’entre eux.
– Eh bien… Oui. Vous êtes des pigeons.
– Et alors ? On n’a pas le droit de venir comme tout un chacun faire une expo ?
– Ce n’est pas une expo, c’est un festival d’abord. Et puis merde ! Vous êtes des pigeons. DES PI-GEONS.
– Et pas n’importe quels pigeons. Nous sommes une performance de Rafaela Lopez. Nous nous appelons « Pigeons (L’habit fait le moine) ».
– Ca veut dire quoi ça ?
– Blablabla. Le pigeon est un motif assez récurrent dans le travail de Rafaela.
– C’est pourtant pas bien noble, le pigeon.
– Justement. Les pigeons, il n’y a rien de plus commun. Ce sont même les parias de nos sociétés.
– On est bien d’accord, personne n’aime les pigeons.
– C’est exactement cela. Nous sommes des indésirables, et pourtant nous sommes bien là. Rafaela a créé cette action pour la première fois l’an dernier pour une déambulation d’art contemporain à Saint-Germain. Nous nous étions incrustés dans les boutiques de luxe et l’alter très sélect. Ici, nous sommes dans un musée. Tu vois, nous sommes même là où on ne nous attend pas.
– Quitte à me surprendre comme ça !
– Et l’ironie du sort, c’est que le Palais de Tokyo a mis des années pour se débarrasser des vrais pigeons qui entrainent dans les lieux. Et hop, on est de retour sous la forme d’une oeuvre d’art ! Ha ha ha ! ».

Et les trois pigeons reprisent leur chemin, groupés, comme une bande de potes. Pendant ce temps, la danseuse dans la grande rotonde a fait place à un autre performeur, un autre dispositif, où le public est assis en rond, sur des chaises tout autour de la « scène ». J’en profite pour jeter un oeil à celles et ceux qui se baladent là.

« BRAOM », fait un bruit. « BOUM », encore. Ces bruits sourds résonnent de très loin, ils semblent venir des entrailles de la terre. Dans n’importe quel autre musée, je me serais inquiété d’entendre un tel son caverneux sous mes pieds. Mais on est au Palais de Tokyo. Et je sais qu’au Palais de Tokyo, les entrailles du lieu sont aussi un lieu d’exposition. Le plus étrange de tous les lieux d’exposition de Paris peut-être, cette galerie aux allures évoquant aussi bien un parking souterrain qu’un vide sanitaire ou une friche industrielle.

« BOOM TAC TAC BLANG », fait encore ce son désagréable, à mesure que je descends les escaliers vers une lueur bleutée. Petit à petit, l’air se gorge d’une humidité certaine. L’atmosphère se fait pesante, et le son est de plus en plus fort. Il y a des flashes de lumière et des éclats de bruits. Et de la fumée… non, de la vapeur d’eau.

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Plus la lumière se fait intense, plus la vapeur d’eau s’empare du lieu… et de moi. Ces microgoutelettes entrent par tous mes pores, je ne sais plus si c’est la vapeur ou les bruits parfois forts qui me font frissonner. « Bonjour », me fait une voix. C’est l’oeuvre qui me parle… directement dans ma tête. J’entends sa voix comme si j’étais possédé.

Après avoir mis ma tête dans une oeuvre d’art, voilà que l’oeuvre d’art est à l’intérieur de moi.

« Bonjour, lui réponds-je.
– Qui es-tu ?
– Je ne suis qu’un simple visiteur.
– Pourquoi puis-je te parler ?
– C’est comme ça, je parle avec des oeuvres d’art depuis toujours.
– Oh. Enchanté, je suis « Oxidation Machine », une installation de Jonathan Uliel Saldanha. Avance. Entre ».

Je fais quelques pas en avant, et l’oeuvre me guide. « A gauche », me dit-elle, puis « encore à gauche ». Et « à droite maintenant », « à gauche » et enfin « descends ». Descendre ? Ce n’est pas un lieu public. Je n’ai jamais vu personne là-bas en bas. « Si, vas-y. Pour une fois, parce que je suis là, tu peux descendre.

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– Tu es sûr ? Ca ne risque rien ?
– Sûr.
– Ah ! Qu’est-ce que c’était que ce bruit ?
– C’étaient tes pas.
– Mais pas du tout ! Ca venait de ces hauts-parleurs.
– Et alors, est-ce que ça empêche que ce soient tes pas ? Les bruits sont amplifiés, transformés, modifiés, ici, mais c’est bien l’intensité de tes pas qui modèle celle des sons.
– C’est… étrange. Comme si ton rythme se calquait sur le mien.
– Exactement. Tu vis dans l’oeuvre d’art, et moi je vis en fonction de toi. Tant que tu te promènes dans l’espace où je me développe, nous sommes liés. Profondément liés ».

Je reste là, seul, dans cet espace. Il n’y a personne d’autre, le gardien fait entrer les gens un à un. Les rampes de lumière, bleues d’un côté, rouges de l’autre, m’aveuglent un peu. Les sons sont sourds, graves. Tout cela est oppressant. Et pourtant, je suis bien, là.

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Et c’est dans un état second que je remonte les escaliers qui me ramènent, encore, vers la rotonde – il a bien fallu que je cède ma place !

Cela fait quelques secondes à peine que je suis de retour à la vie normale, et déjà il se passe à nouveau quelque chose d’étrange. Une jeune fille me tend une boîte, à l’intérieur de laquelle il y a des dizaines d’étiquettes, des stickers blancs en pagaille. La fille – porte un t-shirt de la Nouvelle Collection Paris – m’invite à en coller sur mon front. Soit ! Je choisis une grosse vignette, que je colle juste au-dessus de mes sourcils.

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« Coucou ! me font les trois petites étiquettes sitôt posées sur mon front. On est bien contentes d’être ici sur ton crâne !
– Et je suis bien content de vous avoir là-haut, réponds-je.
– Nous sommes qui pour quoi pour qui.
– Quoi ?
– Comment quoi ?
– Vous êtes qui ?
– Pour quoi pour qui. Et quoi pour qui pour quoi.
– Je ne comprends rien !
– Mais c’est notre titre ! « Qui pour quoi pour qui / Quoi pour qui pour quoi ». Nous sommes une intervention de l’artiste Charlotte Nicoli.
– Et donc vous êtes des étiquettes à porter.
– Oui. Nous faisons partie de la Nouvelle Collection Paris, nous sommes des oeuvres d’art portables.
– Mais pourquoi ?
– Pour qui pour quoi ?
– Je. Euh.
– Ne te soucie pas de nous, nous sommes un accessoire à porter comme un autre !
– Et le fait que les gens me regardent bizarrement, maintenant ?
– Ca doit être lié au fait que tu es un peu une oeuvre d’art, maintenant que tu portes une oeuvre d’art. C’est ça notre lot des oeuvres d’art contemporain, le regard des spectateurs est sans concession. Mais ne te soucie pas de nous, continue donc ton chemin ! »

N’écoutant que ces trois petites vignettes (oh.), je poursuis ma route. Très peu de temps, cela dit, car je me fais doubler par quelqu’un qui porte sur ses épaules une énorme pancarte, sur laquelle on peut lire un pseudo : @a_mon_effigie.

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« Qu’est-ce que c’est que ça ? me demandé-je.
– « Ca » ? Je ne suis pas « ça », me répond encore une nouvelle voix, je suis une oeuvre d’art. Je suis le « Selfie Stick Miroir » d’Amandine Maas.
– Ah, alors toi aussi tu es une oeuvre portable ?
– Exactement. Sauf que moi, c’est mon artiste elle-même qui me porte », me répond l’oeuvre alors que sa porteuse – son artiste donc – se retourne vers moi.

Le grand panneau est en réalité un grand miroir. Et l’artiste, munie d’une perche à selfie, se photographie, le reflet du miroir en fond.

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« Oh, je comprends. Tu renverses le principe du selfie, c’est ça ?
– Oui en quelque sorte, me répond le miroir. Amandine, mon artiste, a pas mal travaillé sur l’image de soi qu’on construit à travers les technologies et les réseaux sociaux. Elle a créé des personnages sur Facebook, elle a travaillé sur les messages et les forums, et donc sur les selfies.
– Je vois l’idée. C’est intéressant ça, tu corriges le paradoxe du selfie qui est une photo de soi mais dans laquelle on ne voit plus ce qu’on regarde comme sur une photo classique ?
– C’est ça. Quand tu prends une photo, tu es face au sujet. Avec un selfie, tu es dos au sujet. Avec moi, tu prends une photo de toi ET de ce que tu vois.
– Mais c’est de la triche !
– Oui. Et ça te choque ? me rétorque le miroir.
– Euh…
– Quand tu changes l’orientation d’une lampe pour que ton repas ait l’air plus appétissant sur Instagram, ce n’est pas de la triche ?
– Si, un peu.
– On passe notre temps à construire notre propre image sur les réseaux sociaux. Je ne suis que le prolongement de cette tendance ».

Et ce « sac à dos-miroir », perché sur le dos de sa créatrice (qui ne m’a pas entendu parler à son oeuvre), poursuit la route de celle-ci.

Je commence à avoir saisi l’esprit de l’événement : je viens de quitter une intervention, je ne devrais pas tarder à me retrouver au coeur d’une autre, sans trop m’y attendre. « Bien vu », rétorque, sans que je lui aie rien demandé, l’une des petites vignettes qui trônent sur mon front.

Pourtant, rien. Enfin, pas grand chose. Autour de moi tout de même, cela s’active. Là-haut, j’entends des cris (à moins que ce ne soient des chants). Sous le sol, les grondements sourds de l’installation de Jonathan Uliel Saldanha continuent à se faire sentir. Le Palais tout entier a pris vie, il y a du monde, du mouvement partout. Je regarde à la fois les visiteurs, les performeurs, les régisseurs, tout ce petit monde qui s’active pour faire vivre une même chose : l’art. Et je trouve ça plutôt beau, à vrai dire.

Oh.

On vient de me prendre la main. Au bout de la main qui vient de prendre la mienne il y a un bras, et au bout de ce bras… une feuille de bananier.

C’est l’une des danseuses de l’installation que j’avais remarqué un peu plus tôt, le « Slow » de Célia Gondol. Je ne vois pas son visage. Elle se rapproche et m’enlace, laissant la feuille de bananier coincée entre nous.

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Comment parler avec cette oeuvre-là ? Dois-je m’adresser à la feuille de bananier ? A la danseuse ? Est-ce que j’ai le droit ? Que faire ? Je n’ai pas le temps de me poser la question plus de vingt secondes, en fait : la danseuse se met à me chantonner un petit air, à peine murmuré. Je ferme les yeux. Il n’est plus question de parler.

Ca dure quelques minutes. Peut-être moins, mais je ne m’en rends pas compte. En tout cas, il ne me vient pas un instant l’idée de parler. Et quand l’expérience se termine, je me sens aussi apaisé, comme si je sortais d’une cure de sophrologie. Mais je n’ai pas le temps d’adresser la parole ni à la feuille ni à la danseuse, elles sont déjà parties rejoindre un autre visiteur.

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« De toute façon, elle ne t’aurait rien dit, maintenant que tu as participé, fait une voix juste derrière moi.
– Quoi ?
– Tu n’as plus besoin de mettre des mots sur cette expérience, maintenant que tu y as pris part
– C’est vrai, tu as raison. « .

Je me retourne pour voir qui me parle. C’est une immense masse de coussins brillants qui occupe presque toute la surface de l’orbe New-York, la plus grande des galeries du Palais.

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« Et toi alors ?
– Moi ? Eh bien tu vois bien, je parle !
– Oui, mais tu n’es pas une performance, tu n’es pas une oeuvre de spectacle vivant.
– Possible. Mais je suis une oeuvre vivante.
– Oh ?
– Oui. Je suis « The Big Breath » de Séverin Guelpa. Et je ne suis peut-être pas une oeuvre qui vit, mais je suis une oeuvre qui respire ! Mes grands coussins de tissu isolant respirent, ils sont tous dotés d’un moteur qui fait varier l’air à l’intérieur.
– Et donc ton mouvement évoque celui des performeurs du festival ?
– Exactement. Je suis en résonance avec l’activité du Palais de Tokyo ce week-end ».

L’activité qui, d’ailleurs, ne s’arrête pas. Do Disturb se fatigue moins longtemps que moi. « Oh non, tu ne vas pas déjà te séparer de nous ! » me font les petits autocollants sur mon front. Pourtant si, c’est ce moment que je choisis pour partir. Mais je pars avec le sourire, bien content de tout ce que je viens de vivre. Ce n’est pas de tout repos que de faire partie d’oeuvres d’art !

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