Invader, « Space Invaders »

Ils sont des milliers à proliférer dans le monde depuis la fin des années 90, et jusque dans l’espace : les « Space Invaders », ces mosaïques pixelisées créees par le mystérieux Invader. Bav{art]dages reçoit ce dimanche deux d’entre elles, pour tenter de percer leur secret.

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INVADER 1 + 2 – Bonjour !

JULIEN – Alors pour vous situer pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore, vous proliférez depuis la fin des années 90 grâce à votre artiste Invader qui a choisi de récupérer des personnages de jeu vidéo et d’en faire des oeuvres d’art en mosaïque, pour les coller dans l’espace public.

INVADER 2 – C’est bien résumé !

JULIEN – Et quand je dis partout, c’est vraiment partout, à Paris vous êtes précisément 1.141 répartis partout dans la ville…

INVADER 2 – Et on n’est pas qu’à Paris !

INVADER 1 – On est partout en France !

INVADER 2 – Dans le monde !

INVADER 1 – Invader a collé plus de 3.000 de nos frères dans 65 villes

INVADER 2 – Et sous l’eau, au fond de la baie de Cancun… et au sommet des montagnes !

INVADER 1 – Et même dans l’espace !!

JULIEN – Votre artiste est allé jusque dans l’espace pour coller des mosaiques à votre image ?

INVADER 1 – Non pas vraiment. Il a créé un petit invader en mosaïque, il l’a collé sur une plaque et c’est cette plaque qui est partie dans l’espace, à bord d’un ballon gonflable qui est monté juuuuuuusque dans la stratosphère. Pour le coup ce frère-là, c’était vraiment un Invader de l’Espace !

INVADER 2 – C’était la première oeuvre d’art à être partie dans l’espace !

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JULIEN – Et sachant que le premier d’entre vous a été collé sur un mur de Paris en 1998, cela fait un œuvre gigantesque en très peu de temps…

INVADER 2 – Tout dépend du point de vue.

INVADER 1 (enchaînant) – J’allais le dire !

INVADER 2 – Nous sommes tellement connectés !

MARION (les interrompant) – Vous pouvez développer donc, c’est une question de point de vue ?

INVADER 1 – Oui. Si on considère que chacun d’entre nous, que chaque petite mosaïque posée est une œuvre d’art à part entière, alors oui, Invader a réalisé des milliers d’œuvre en une quinzaine d’années.

INVADER 2 – Mais si on considère l’invasion du monde par les Space Invaders que nous sommes comme une seule performance, un grand projet, alors le travail d’Invader n’est plus qu’une seul et unique œuvre toujours en cours de réalisation. Par exemple à Montpellier, nos frères et sœurs sont une vingtaine, mais si vous les reliez entre eux sur un plan de la ville, ca forme un grand Space Invader.

INVADER 1 – un frère de plus !

JULIEN – Puisque vous parlez de projet, on va tenter d’être plus clair, est-ce que vous pouvez nous exposer le projet de votre artiste Invader, puisque lui ne parle jamais à visage découvert ?

INVADER 1 – Là encore, question de point de vue !

INVADER 2 – Totalement !

INVADER 1 – Clairement !

INVADER 2 – Évidemment ! (Ils rient)

JULIEN – S’il vous plait !

INVADER 1 (se reprend) – Blague à part, c’est vraiment une question d’interprétation. Pour certains, nous les Invaders, on est une forme de désacralisation de l’art pour l’emmener dans la rue ; pour d’autres on est surtout une forme de contestation contre le pouvoir, puisque la quasi-totalité d’entre nous n’avons en théorie pas le droit d’être accrochés comme ça sur les murs. Et puis il y a une dernière interprétation selon laquelle Invader a voulu faire sortir les créatures pixellisées du jeu vidéo.

MARION – Sans compter le fait que votre allure pixellisée convient parfaitement au support en mosaïque…

INVADER 2 – Ouiiii ! Vous avez raison ! C’est mon interprétation favorite : c’est nous, les petites bêtes des jeux vidéo, qui avons fait irruption dans votre monde. Invader est un peu comme un hacker du monde réel.

JULIEN – Mais quand on devient comme Invader une superstar de l’art urbain, ce n’est pas un peu difficile de rester contestataire, de garder l’esprit rebelle ?

INVADER 2 – Non, c’est pour ça qu’il continue à agir masqué.

INVADER 1 – Même si, c’est vrai, il fait des expositions dans des musées et il répond à des commandes publiques. C’est devenu un artiste institutionnalisé.

INVADER 2 – Ne parle pas de lui comme ca !

INVADER 1 – Je suis plus ancien que toi, j’ai vu l’évolution depuis des années ! Invader n’aurait jamais redecoré des musées sur demande au début ! Il y a quinze ans, il posait des mosaïques dans le Louvre en clandestin !

INVADER 2 – Mais ce n’est rien !

JULIEN – C’est tout de même une forme d’institutionnalisation, votre congénère a raison…

INVADER 2 – Pour Invader, les commandes publiques, c’est son 1% autorisé, tout comme les institutions ont leur 1% artistique. Le reste du temps, tout ce qu’il fait reste illégal. C’est ca d’être un vrai rebelle, vendre ses œuvres à des musées et continuer à travailler en hors la loi à côté !

JULIEN – Reste une inconnue, l’identité de ce fameux Invader, mais ca nous ne la connaîtrons pas de sitôt, je me trompe ?

INVADER 1 + 2 – Oulà non !

>> A LIRE AUSSI : Le dialogue avec le premier Invader dans la saison 3 de Bav{art]dages

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